Nouvelle-Calédonie / Politique - Article du 07.01.2005

  Chocolat : les importations taxées




De 120 à 175 francs le Mars ou le Snickers à la place de 100 francs : les prix des barres chocolatées importées risquent d’augmenter dans les semaines à venir.



De 120 à 175 francs le Mars ou le Snickers à la place de 100 francs : les prix des barres chocolatées importées risquent d’augmenter dans les semaines à venir. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a en effet voté, en décembre, une taxe dissuasive de 1 500 francs par kilo sur les importations de tablettes et de barres fourrées. Une taxe que les grossistes,* même s’ils rognent un peu sur leurs marges, seront obligés de répercuter sur les prix à la consommation. Et c’est justement le but rechercher par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui souhaite ainsi soutenir la production locale.
Autant de choix mais des prix différents
« Il existe sur le territoire des entreprises qui ont la capacité technique de fabriquer des barres de chocolat, mais qui ne parviennent pas à s’implanter en raison de la concurrence féroce des géants du secteur », explique Odile Boyer, responsable de la direction des affaires économiques. « Cette taxe devrait donc permettre de leur mettre le pied à l’étrier en diminuant les importations ou en créant un différentiel de prix entre les barres importées et les barres locales ». En clair : les Mars ne vont pas disparaître, ils seront seulement plus chers!
Maintenir des emplois
Pour l’Avenir ensemble, initiateur du projet, l’objectif est avant tout de maintenir des emplois. « La fabrication locale de chocolat représente une centaine de salariés », rappelle Philippe Michel, le président de la commission des finances et du budget au Congrès. « Et puis, un fabriquant recrute un salarié à chaque fois qu’il fait 11 millions de chiffre d’affaires contre un emploi pour 60 millions de chiffre d’affaires pour un importateur. » Biscochoc, le principal fabriquant local, se dit d’ailleurs prêt à relever le défi. « Ce soutien va nous permettre de créer 11 emplois », affirme Philippe Germain, le directeur général de l’entreprise.
Plus de licences
Mais les Calédoniens peu aisés seront-ils « condamnés » à manger des barres Biscochoc? Pas forcément. Certes, le chocolatier local va étoffer sa propre gamme de produits avec des barres à la noix de coco, au caramel et aux éclats de noisettes mais il va aussi compléter la gamme Cadburry, qu’il fabrique sous licence. Biscochoc espère également pouvoir produire localement d’autres marques internationales. « Si les géants du secteur ont plus de difficultés à accéder au marché calédonien, nous aurons plus de facilité à négocier de nouvelles licences », explique Philippe Germain. Et Nestlé, l’autre fabricant local, risque bien de lui emboîter le pas en produisant sur place les barres KitKat, Crunch ou Milo. Au Congrès, seul le Rassemblement a voté contre l’instauration de cette taxe. Selon lui, elle sera en effet supportée par le consommateur.
(*) Nous avons contacté à plusieurs reprises mais en vain le syndicat des importateurs pour avoir sa réaction sur ce dossier.
REPERES
Le retour du Nutella... Bonne nouvelle pour les gourmands, le Nutella va faire son retour dans les rayons calédoniens. Le Congrès a en effet décidé de lever l’interdiction d’importation qui fermait les portes du territoire à la célèbre pâte à tartiner. Mais ce retour ne sera pas fracassant. Seules six tonnes de Nutella pourront être importées chaque année. A titre de comparaison, Biscochoc a vendu 50 tonnes de pâte à tartiner l’an dernier. Une fois le stock de six tonnes écoulé, seuls les voyageurs auront le droit de ramener du Nutella sur le territoire. Mais attention, pas question d’en remplir vos valises. Seulement deux kilos par passager sont autorisés!
...Et des rochers Les rochers au chocolat sont de nouveau les bienvenus sur le Territoire. Comme pour le Nutella, l’interdiction d’importation a aussi été levée par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Mais attention, des quotas ont aussi été mis en place.


Xavier Serre


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