Actu internationale / Asie -Pacifique - Article du 23.01.2006

  L'Assemblée polynésienne dit « oui » à l’euro




Oscar Temaru : « On a enfin compris l’importance de l’euro . »



La décision a été acquise avec trente-six voix pour (majorité UPLD et non inscrits) et dix-huit voix contre (opposition Tahoeraa). « On a enfin compris l'importance de l'euro dans ce pays, a commenté le président Temaru, nous avons assez perdu de temps comme cela ». Parmi les arguments utilisés par les différents intervenants à l'Assemblée pour défendre le projet, le renforcement des échanges commerciaux entre l'Europe et la Polynésie a été le plus utilisé. La garantie de la stabilité de l'économie locale ou la facilitation du tourisme a également joué son rôle. Pour Oscar Temaru, le statut de la Polynésie ne peut être remis en cause par l'Europe. « Les pays européens connaissent et respectent notre statut, a-t-il déclaré, ils soutiennent tous le droit à l'autodétermination. »
Flosse veut des assurances
Du côté du Tahoeraa, son leader Gaston Flosse est également en faveur de l'euro « mais pas à n'importe quelles conditions ». Le sénateur polynésien souhaite en effet qu'une délégation polynésienne se rende à Bruxelles pour obtenir des assurances « qu'en matière économique et sociale, les compétences de la Polynésie française ne souffriront d'aucune remise ». Au cours du débat, qui fut souvent animé, le président du gouvernement a noté pour sa part que l'opposition avait toujours défendu autrefois l'introduction de l'euro en Polynésie. « Vous aviez d'abord dit oui, a poursuivi le président Temaru, s'adressant à Gaston Flosse, puis oui peut-être, et maintenant non pour des raisons aussi fallacieuses que politiciennes. » Oscar Temaru a enfin regretté que le pays n'ait pu prendre « de manière consensuelle » une décision toujours reportée par l'ancienne majorité.
Peut être « le moteur »
La Polynésie française est le premier des trois territoires français du Pacifique à se prononcer en faveur de l'euro, un passage, a précisé l'Etat, qui ne pourra se faire que si l'accord est unanime pour ces trois territoires. « Nous attendons la décision de Wallis-et-Futuna et de la Nouvelle-Calédonie », a conclu Oscar Temaru, « mais la Polynésie pourrait être dans le Pacifique le moteur de ce passage à l'euro. »


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