Nouvelle-Calédonie / Social - Article du 03.03.2006

  Aircal dans la tourmente




Suite à la démission de Pierre Cornu, Louis Eschembrenner, l’un des fondateurs de la compagnie, a été nommé mercredi directeur général délégué par le conseil d’administration.



C’est un homme de 78 ans qui vient de prendre les commandes d’Aircal. Suite à la démission de Pierre Cornu, Louis Eschembrenner, l’un des fondateurs de la compagnie, a en effet été nommé mercredi directeur général délégué par le conseil d’administration. Une réunion essentiellement technique, mais durant laquelle le divorce a été consommé entre Nidoish Naisseline (lire en encadré), le président du conseil d’administration, et Didier Leroux, qui représente le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Didier Leroux est d’ailleurs sorti de la rencontre sans vouloir faire de commentaire, estimant qu’il était « en complet désaccord » avec l’élu de la Province des Iles.
Pierre Cornu s’exprime Voilà déjà plusieurs mois que les deux hommes entretenaient des relations difficiles. Didier Leroux s’était notamment opposé à Nidoish Naisseline lorsqu’il avait voulu licencier Pierre Cornu. Il avait aussi contesté le cabinet choisi par le président du conseil d’administration pour préparer le dossier de défiscalisation des nouveaux appareils. En clair, Didier Leroux reproche à Nidoish Naisseline de faire cavalier seul et de ne pas prendre en compte les recommandations du gouvernement, pourtant actionnaire majoritaire de la compagnie. Un avis partagé par Pierre Cornu, l’ancien directeur. Contacté hier par téléphone, il a en effet affirmé que sa démission était « totalement liée » à l’attitude de Nidoish Naisseline. « Il n’écoute absolument personne, gère Aircal comme une tribu et considère les salariés comme ses sujets, a déclaré Pierre Cornu. Voilà plusieurs mois que je n’avais plus de contact avec lui et je n’avais pas envie de me battre contre des moulins à vent ! »
La défiscalisation bloquée
L’arrivée de Louis Eschembrenner va-t-elle permettre d’apaiser les tensions ? Beaucoup de salariés en doutent. « C’est un homme tout à fait charmant mais, à presque 80 ans, il n’est sans doute pas le candidat indiqué pour préparer l’avenir de la compagnie », explique un employé. Et le nouveau directeur général a pourtant du pain sur la planche. L’arrivée des nouveaux ATR, prévue en avril, est désormais bien compromise. Le dossier de défiscalisation est en effet bloqué à Paris par la Direction générale des impôts. Elle estime notamment que l’équipe dirigeante est un peu trop volatile....

X.S.


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