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Nouvelle-Calédonie / Société - Article du 09.11.2006 Des prix en baisse pour quatorze produits de base
Quels produits ? La loi de pays votée hier par les élus du Congrès vise à exonérer des droits de douanes et des taxes à l’importation une liste de quatorze produits de première nécessité. Il s’agit de la farine, des huiles végétales, du beurre, de la margarine, du sucre, des eaux minérales, des pâtes mais aussi de certains légumes comme les salades, les tomates, les choux verts, les carottes, les courgettes, les oignons et les citrons limes. Ces aliments sont importés soit parce qu’ils ne sont pas fabriqués ou produits en Nouvelle-Calédonie, soit parce qu’ils complètent la production calédonienne. Les taxes précédemment appliquées oscillaient entre 14 et 51 %. Pourquoi cette loi ? Cette loi de pays, destinée à faire baisser le prix de ces produits de base, fait directement suite à la manifestation contre la vie chère, qui, en avril dernier, avait rassemblé entre 8 à 12 000 personnes dans les rues de Nouméa à l’appel de plusieurs centrales syndicales. Le gouvernement avait alors annoncé un train de mesures « destiné à contribuer au maintien du pouvoir d’achat des Calédoniens » en ciblant, notamment, les produits de première nécessité. Il faut dire que, depuis 2000, le prix du beurre a par exemple augmenté de 50 % et le sucre de 46 % ! Quelle efficacité ? Cette mesure fiscale, qui coûtera 156 millions à la Nouvelle-Calédonie, devrait permettre aux grossistes d’importer ces produits à moindre coût et de répercuter cette baisse sur le prix de vente. Mais encore faut-il que les détaillants jouent le jeu et n’en profitent pas pour augmenter leurs marges au passage. Et c’est d’ailleurs pour éviter de tels abus que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a chargé la Direction des affaires économiques de veiller au grain. Il faudra donc attendre quelques semaines pour mesurer avec précision l’impact sur les prix. En attendant, la mise en place effective de la loi va dépendre du calendrier des importations des centrales d’achats. Qui est pour ? Qui est contre ? Le texte a été voté à la quasi-unanimité puisque seule Françoise Sagnet (RPC) s’est abstenue. Elle a en effet estimé que cette mesure était de la « poudre aux yeux ». Selon elle, une grande partie de l’effort fiscal allait faire baisser des « produits de luxe » comme les eaux minérales et les pâtes italiennes importées. Les élus indépendantistes (UC et Uni-FLNKS) ont approuvé la loi mais ont attiré l’attention du gouvernement sur la situation des Iles et du Nord où les prix sont plus élevés en raison du coût du transport. L’UC a également précisé qu’il faudrait étendre la liste à certains produits d’hygiène. Le Rassemblement-UMP, privé de ses ténors avec l’absence remarquée de Pierre Maresca et de Pierre Bretegnier, a aussi voté pour, tout en regrettant « les méthodes approximatives » du gouvernement. « Aucune étude préalable n’a été menée (...) si bien que l’on ignore tout de l’efficacité de ces mesures », a déclaré Annie Beustes. L’Avenir ensemble, initiateur du texte, a évidemment soutenu la loi. Sylvie Robineau en a d’ailleurs profité pour faire remarquer que l’ensemble des mesures gouvernementales prises pour lutter contre la cherté de la vie avait déjà permis de faire baisser les prix de 0,2 % en septembre. •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• Vie chère : à Tahiti aussi... En Polynésie française, la cherté de la vie fait également débat. Un thème populaire qui est même devenu la principale revendication du syndicaliste Ronald Terorotua, à l’origine des barrages qui ont paralysé Papeete il y a quelques semaines. La vie chère. Voilà que l’on ne parle plus que de cela depuis des mois en Polynésie française. Il faut dire que depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Temaru n’a cessé de marteler sa volonté de lutter contre la hausse des prix. L’opposition, de son côté, a donc tout naturellement fait de l’augmentation du coût de la vie l’une de ses principales critiques. La vie chère a même été la principale revendication des préavis de grève déposés en octobre par le syndicat O oe to oe rima, mené par Ronald Terorotua. Des préavis à l’origine des barrages qui ont bloqué Papeete durant plusieurs jours, puis ont causé la brève occupation des institutions locales. Mais qu’est-ce qui a ainsi alimenté ce débat autour de la vie chère ? Certainement les nouvelles taxes votées en décembre dernier : taxe d’urbanisme commercial, taxe d’environnement pour le recyclage des voitures, taxe sur les produits sucrés, et surtout, la taxe sur les alcools et tabacs. C’est là que l’augmentation est la plus visible. Car il faut désormais débourser 90 francs supplémentaires pour une bouteille de vin, et 292 francs pour une bouteille de whisky. Le paquet de cigarettes a quant à lui augmenté de 119 francs tandis que le tabac à rouler a pris 200 francs, soit une augmentation de 8,8 %. Pour le gouvernement, il s’agissait d’une taxe de solidarité censée produire une diminution de la consommation de produits nocifs, dans le but de réduire les dépenses de santé. Ces taxes devaient également permettre de dégager deux milliards de recettes nouvelles en faveur du régime de solidarité territoriale, dans le cadre de la réforme modifiant le financement des régimes de prestations. Aux bloqueurs menés par Ronald Terorotua, le ministre de l’Économie, Jacqui Drollet, a promis qu’aucune taxe nouvelle ne figurerait au budget 2007. Mais il n’a pas précisé si celles existantes ne seraient pas augmentées… Xavier Serre et B.M. de La Dépêche de Tahiti |
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