Actu internationale / Asie -Pacifique - Article du 08.05.2007

  Le roi de Wallis est mort




Le lavelua disparaît après un règne d’une exceptionnelle longueur.



Il était malade depuis des années. Tomasi Kulimoetoké, le roi de Wallis, est mort hier dans son palais. Il doit être enterré ce matin.
Le roi de Wallis est mort hier en milieu de journée dans son palais. Ses obsèques sont célébrées ce matin. Une semaine de deuil a été décrétée pendant laquelle les écoles resteront fermées. Il s’en suivra une période de recueillement qui durera environ deux mois. Elle sera mise à profit par les familles royales pour discuter de la succession du vieux roi. Tomasi Kulimoetoke était dans sa 89e année, il était gravement malade depuis longtemps déjà, et c’est une de ses filles qui assume concrètement la réalité du pouvoir coutumier. Cette situation n’est pas étrangère aux graves tensions qui se sont produites en 2005. Le roi n’était déjà plus en situation d’assumer lui-même sa charge. Et l’exercice du pouvoir par sa fille avait mécontenté de nombreuses familles influentes désireuses de moderniser ce petit pays. Une véritable tentative de destitution avait d’ailleurs eu lieu. Le haut administrateur de l’époque avait d’ailleurs épousé la cause des réformateurs, car le lavelua et sa fille cautionnaient l’attitude d’un petit-fils condamné à une peine de prison pour homicide involontaire, et qui s’était réfugié au palais royal pour échapper à son sort et aux gendarmes. Une nouvelle chefferie avait été reconnue et la France avait privé de leurs indemnités les ministres de la chefferie traditionnelle.
Un vieux roi bien défendu
Mais quelques jours avant l’intronisation d’un nouveau lavelua, en septembre 2005, des partisans du vieux roi, souvent d’anciens soldats très bien armés, ont pris d’assaut l’aéroport de Wallis, occupé les quelques carrefours stratégiques de l’île, et empêché la tenue de la cérémonie. L’Etat et les rénovateurs ont été pris de court. Sans forces de l’ordre en nombre suffisant pour reprendre et tenir les positions stratégiques, dans l’impossibilité d’en acheminer, l’Etat a fait machine arrière et, après l’envoi d’un médiateur, a rétabli le roi et la chefferie traditionnelle dans leurs prérogatives. Depuis, un calme relatif est revenu à Wallis, mais dans un climat relativement pesant tant pour les médias que pour certaines familles. Avec la mort du vieux roi va s’ouvrir dans un premier temps une période de deuil et de recueillement. Ensuite arrivera le temps de désigner un successeur, moment qui coïncidera en partie avec l’élection législative. La fille du lavelua, Esrtuaneta, qui assure la régence, briguera probablement la succession de son père. Dans le camp des rénovateurs, pour le moment aucun nom concurrent ne semble émerger.
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Roi depuis 47 ans Tomasi Kulimoetoke est né le 26 juillet 1918 à Haafuasia, dans le district de Hahake à Wallis. Il est père de six enfants qui lui ont donné de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants. Pendant une partie de sa vie, il a exercé la profession d’agriculteur tout en gravissant les échelons de la hiérarchie coutumière. Il est devenu chef de village, puis, de 1953 à 1958, a été Premier ministre coutumier de la reine Aloisia Brial. Comme le veut souvent la coutume wallisienne, c’est lui qui a destitué la souveraine avant d’être intronisé à son tour lavelua le 12 mars 1959. Au début de son règne, il a grandement contribué à la définition de la loi de 1961 qui définit et régit le statut de territoire d’Outre-Mer français des îles de Wallis et Futuna. Il en a été le garant pendant de longues années avant d’être affaibli par la maladie et de laisser l’essentiel de ses prérogatives à son entourage.
Les condoléances de Didier Leroux Dans un communiqué, Didier Leroux présente ses condoléances à la famille du lavelua. « Il avait su garder son peuple sur la voie de la sagesse et de l’attachement à la France. J’avais eu l’honneur d’être invité aux cérémonies marquant le quarantième anniversaire de son accession au trône (...) c’est une grande figure de la communauté wallisienne qui disparaît. »

Ph.F.


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